
Le Monde diplomatique
Juin 1984, p. 16
LES TRAVAUX DE LA COMMISSION TRILATÉRALE
Tentations de la croisade, attraits de la coexistence
Astre Georges-Albert
IL y a en 1984 quelque chose de comminatoire dans les documents de la Commission trilatérale: ce ne sont plus des "recommandations", ce sont des injonctions. Celles que contient le dernier rapport de l'organisation ("La démocratie doit fonctionner") (1) ont été présentées dans l'international Herald Tribune du 9 avril 1984 sous le titre "Six mesures en vue d'une grande négociation trilatérale", Sont signataires du texte MM. Henry D. Owen, Sabuko Okita (2) et, ce qui ne saurait surprendre, Zbigniew Brzezinski. A en juger par Certaines décisions récentes prises à Paris, la mise en application de ces mesures est d'ores et déjà en cours.
Le ton est impératif, les "suggestions" sont précises:
- le retard technologique de l'Europe par rapport aux Etats-Unis et au Japon, comme aussi le développement du chômage, menaceront bientôt la "stabilité" du Vieux Continent ainsi que le "consensus stratégique à l'intérieur de l'OTAN et de la Communauté européenne".Il convient donc de stimuler la compétition, d'éliminer tout obstacle à la liberté des échanges commerciaux, de supprimer toute aide à des entreprises vétustes, non compétitives;
- le Japon doit développer son économie, exporter ses capitaux et stimuler ainsi la croissance mondiale. Il devrait investir largement en Europe occidentale, mettant à profit sa technologie. Il lui faudrait enfin augmenter son budget militaire;
- l'Europe occidentale, de son côté, doit "supporter aussi un poids supplémentaire de ses dépenses militaires". L'OTAN s'est d'ailleurs engagée à augmenter son budget: il est "vital" que ce soit fait dès maintenant. La Trilatérale "recommande" donc la tenue en 1985 d'une réunion des chefs de gouvernement faisant partie de l'OTAN afin de confirmer les engagements pris.
Ces mesures, et quelques autres encore, concernent le "sommet des démocraties industrialisées" qui se tiendra en juin 1984 à Londres et "sera décisif". La conclusion du texte, au demeurant bref, indique clairement la priorité: "Il est temps de transformer le sommet économique en sommet à finalité stratégique."
Ce qui s'est passé à Rome, les 17, 18 et 19 avril 1983, jette quelque lumière sur les perplexités et les contradictions qui se manifestent au sein de la Commission trilatérale en cette époque reaganienne et n'a guère été porté à la connaissance des opinions publiques. Encore que la Commission ne cherche pas à préserver un secret total sur ses activités, elle n'oublie pas que son rapport publié en 1975 par MM. Crozier, Huntington et Watanuki sous le titre la Crise de la démocratie avait montré les risques que comporte tout excès d'information envers les simples citoyens (3).
La puissance de la Trilatérale, dont on annonce parfois le déclin, n'a jamais été aussi considérable: les décisions prises depuis un an par les pays occidentaux et par le Japon, notamment au sommet de Williamsburg, sont en harmonie avec les travaux de ces trois journées romaines. Jean-Paul II, dans son allocution de bienvenue, exprima ce que chacun pensait, ce jour-là, dans la salle Vaticane: "Cette grande accumulation de savoir dans les domaines politique, économique, financier, sociologique vous confère les moyens d'une puissance considérable" (4).
La Commission devait examiner son vingt-sixième rapport, Trilateral Security, dont la rédaction avait été entreprise un an auparavant. Aux quatre auteurs principaux - MM. Gerard Smith, P. Vittorelli, Kiichi Saeki, C.J. Makins (5) - avaient été adjoints pour consultation cinquante-six experts. Parmi eux, une douzaine de Français dont les opinions, ou les formulations, rendirent parfois malaisé le consensus final: MM. Andréani, Berthoin, J.-F. Bureau, P. Hassner, F. Heisbourg, T. de Montbrial, F. de Rose, P.I. de Saint-Germain, J. Soppelsa, M. Tatu, J. de Ribes, ainsi que Mme Isabelle Renouard (6). Délibérèrent sur cette problématique, et avec une approche "globalisante", MM. David Rockefeller, Kissinger, Brzezinski, Paul Volcker, président de la Réserve fédérale (membre de la Commission trilatérale de 1977 à 1979), Takeshi, Watanabe, directeur de la branche japonaise de la Trilatérale, et leurs collègues de tous les pays membres. Une séance fut consacrée, sous la présidence de M. Raymond Barre, à l'état actuel des relations et des concertations politiques entre Europe, Japon et Etats-Unis.
C'est à la lumière de ce vingt-sixième rapport, et sans doute plus encore des numéros 33 et 34 de la revue Trialogue (parus au printemps et pendant l'hiver de 1983) qu'il est possible d'examiner des orientations qui, en 1984, déterminent largement celles des gouvernements concernés.
Dès sa naissance, le Commission trilatérale avait précisé, dans son manifeste du 15 mars 1973 (7), que le renforcement du système des relations internationales, la coopération entre "simples citoyens de trois régions du globe", n'impliquaient pas l'instauration d'un super-gouvernement qui régirait "le monde avancé", mais que les régions développées renforceraient leurs relations grâce à des programmes et à des institutions conjointes pour faire face à des besoins communs. Elle n'envisageait pas une nouvelle alliance anticommuniste: ultérieurement, les Etats communistes pourraient choisir de "devenir des partenaires". L'ambiguïté de la formulation n'est pas fortuite. Dès 1970, dans son livre Between two Ages, M. Brzezinski avait envisagé cette perspective.
Les rapports de la Commission pendant les dix années suivantes témoignent d'orientations générales constantes, tendant à préserver les chances à long terme des transnationales à l'échelle mondiale, envisageant parfois des échanges triangulaires entre l'Est, l'Ouest et le tiers-monde. Néanmoins, sous certaines pressions, et sous l'influence des éléments les plus "durs" de la coalition, un difficile exercice d'équilibre se manifesta, notamment quand il fallut tenir compte de ce "reaganisme" que la Trilatérale aurait souhaité écarter du pouvoir.
"Supprimer la division de l'Europe"
LA revue Trialogue, dont le numéro 34 est en grande partie consacré au problème de l'Europe centrale (The Heart of Europe), montre l'étendue des perplexités trilatéralistes, et les divergences qui apparaissent parfois dans ces débats. L'influence de quelques experts français n'est pas négligeable mais ne semble pas pour autant s'exercer toujours dans le sens de la modération, qui serait cependant nécessaire face à ce qui s'affirme de plus en plus comme l'ambition suprême des trilatéralistes réinsérer la grande, l'immortelle Russie dans le giron de la communauté chrétienne... et de l'économie de marché repensée à l'échelle du monde. M. Georges Berthouin l'avait plus que suggéré en avril 1983 quand il avait dit à Jean-Paul II: "Nous tentons de comprendre avec une préoccupation croissante le chemin que suit aujourd'hui la Russie; il transforme aux yeux du monde entier ce membre de la grande, de la patiente famille slave en la négation même des principes qui l'ont fondée" (8). Passer du simple containment à la croisade devient ici tentation majeure. Mais comment envisager semblable entreprise sans risquer ce conflit nucléaire dont ne veulent ni M. David Rockefeller ni les sociétés transnationales soucieuses de ne pas anéantir les régions du globe où elles ont investi massivement? Ici commence la vraie perplexité.
M. Brzezinski l'exprime à sa manière dans un entretien du 13 octobre 1983, reproduit par ce 34e numéro de Trialogue: "Ce devra être l'objectif commun des démocraties occidentales d'oeuvrer pacifiquement, et je souligne le mot pacifiquement, mais aussi très délibérément, pour parvenir à supprimer la division actuelle de l'Europe".
Des contacts plus étroits doivent être aménagés entre l'Est et l'Ouest; il faut envisager une réduction des forces militaires, prévoir l'établissement de zones privées de "certains types d'armes": il en résulterait l'aménagement de liens politiques et économiques utiles. Reste qu'il importe de rejeter l'héritage de Yalta, tout en utilisant les accords d'Helsinki. Car "en insistant sur la troisième corbeille, nous avons légalisé, institutionnalisé, la notion que l'Ouest avait le droit de donner son opinion sur les pratiques intérieures des gouvernements de l'Europe de l'Est, et que la poursuite des droits de l'homme est une obligation pan-européenne".
Se référant notamment au discours prononcé à Orlando (Floride) par le président Reagan et à celui de M. Bush à Vienne, M. David Watt (ex-directeur de l'Institut royal des affaires internationales de Londres) écrit fort justement "La vraie question, bien entendu, est de savoir si l'administration présente veut réellement parvenir à un équilibre plus équitable avec l'Union soviétique - autrement dit à la stabilisation du statu quo - ou si elle a comme objectif la destruction, finalement, du système soviétique" (9). Il ajoute d'ailleurs: "Il se peut, comme je l'ai dit, que le président Reagan désire en fin de compte aller en croisade."
Tel est effectivement le problème. Et c'est dès lors de volonté politique qu'il s'agit, étroitement liée à des craintes et à des finalités d'ordre économique bien plus que militaires.
C'est au demeurant un participant français au débat trilatéraliste sur la sécurité qui, selon le rapport relatant la discussion, conclut ainsi son intervention: "La vérité est que, même s'il n'y avait pas de SS-20, nous aurions besoin des nouveaux missiles en Europe occidentale" (10). Il faut enregistrer cette franchise. Les motivations réelles d'une telle volonté de puissance nucléaire sont données par M. Brzezinski lui-même: la situation en Europe laisse place "potentiellement à un malaise économique plus profond, qui augmentera l'attirance de l'Europe de l'Ouest pour le marché soviétique et est-européen, comportant la possibilité que les Européens de l'Ouest se tournent vers ce marché en se dissociant des Etats-Unis" (11). Il en résulterait une dépendance économique envers l'Union soviétique, et "c'est là le danger qu'il importe de conjurer".
M. Brzezinski estime que ce serait une erreur de tout centrer sur le problème militaire Est-Ouest. Il souhaite d'abord identifier la cause de l'Europe à celle des Etats-Unis en donnant à cette assimilation une signification valable aux yeux des Européens eux-mêmes et, surtout, "quelque profonde signification émotionnelle". D'où la promotion d'une croisade morale, et spirituelle, d'une campagne pour la démocratie (dont se charge le "programme démocratie" (12) lancé par l'administration de M. Ronald Reagan.
Ayant montré qu'en finir avec la division de l'Europe est essentiel à sa "guérison morale et spirituelle" et que c'est "un objectif digne des démocraties occidentales", M. Brzezinski précise avec quelque humour qu'il ne donnera pas prise à de nouvelles attaques de la Pravda en faisant largement état de la politique vaticane. On l'a accusé d'avoir eu quelque part à l'élection du pape, il serait inopportun de laisser croire que le Vatican et lui-même orchestrent une stratégie commune... Suit néanmoins ce commentaire:
"Ce que Jean-Paul II est en train de faire est, je crois, historiquement fondamental. Il voit l'Occident aux prises avec un hédonisme et un matérialisme croissant, en grand besoin d'un authentique renouveau spirituel. Il voit l'Est dominé par une idéologie en faillite, et potentiellement tout à fait mûr pour un authentique renouveau spirituel, loin au-delà des frontières de l'Europe de l'Est, incluant la Russie orthodoxe." On a cru que Jean-Paul II se préoccupait seulement de la Pologne? "Je crois, poursuit M. Brzezinski, que ses préoccupations sont bien plus vastes et, historiquement, très ambitieuses." D'où l'importance de cette appréciation: "Je pense que le pape voit l'Ouest et l'Est aujourd'hui comme des terrains propices pour un nouveau zèle missionnaire - un zèle qui n'est pas lié à une tâche très lointaine, mais qui est en relation avec des possibilités véritables."
Perplexités et réticences
LA complémentarité du discours spirituel et du discours temporel est flagrante. La "croisade" a ses motivations, son idéologie, et les nouveaux croisés ne manquent pas d'arguments pour convaincre. M. Bush (First International Bank, Texas Gulf, etc.) en utilise certains sans ménagements "Il serait de l'intérêt des Allemands de l'Est et des Bulgares de noter que tel autre pays, que nous n'avons pas besoin d'identifier spécifiquement, peut bénéficier de meilleures relations avec l'Ouest du fait de certains aménagements marginaux - mais, avec le temps, de plus en plus significatifs - dans sa politique intérieure ou extérieure" (13).
Contrastant avec les analyses de M. Brzezinski, celles de M. Kolakowski dans le même numéro de Trialogue sont parfois plus brutales. L'appel à la croisade y est plus pressant, le réquisitoire plus dur "L'espoir pour l'Europe réside dans une désintégration non explosive de l'empire soviétique. Nous ne pouvons calculer les chances d'une telle évolution; nous pouvons seulement dire que nous n'avons pas la preuve qu'elle est inconcevable - et l'Occident doit y contribuer." Il lui est possible d'encourager diversité et variété aussi bien à l'intérieur de l'URSS que dans les pays qui en dépendent. Et "il n'est pas entièrement faux de parler de Yalta comme de ce qui est la source symbolique de la situation intrinsèquement morbide de l'Europe après la guerre". Il semble, écrit M. Leslek Kolakowski, que "seul des leaders occidentaux, le président Mitterrand ait clairement déclaré que le monde devait réfléchir aux moyens de sortir de Yalta".
Les trilatéralistes, en 1984, sont d'accord, comme le précise le rapport Trilateral Security, sur le concept d'une sécurité indivisible, commune aux trois régions concernées; d'accord, également, pour refuser le "gel" des armements nucléaires, pour favoriser le déploiement des Pershing et des Cruise. Ils semblent favorables à une application des accords SALT-II "les Soviétiques font de même", ainsi qu'à une fusion des négociations START et de celles qui concernent les missiles nucléaires à portée intermédiaire. Ils se prononcent aussi pour une réduction des armes nucléaires tactiques au centre de l'Europe, en liaison avec une amélioration des armements classiques, selon la conception du général Rogers, commandant des forces de l'OTAN en Europe.
En fait, la Commission exprime un consensus sur l'essentiel, mais aussi d'évidentes divergences sur les approches politiques et tactiques le rapport sur la sécurité ne cache pas, en résumant les débats, l'existence d'une "considérable diversité d'opinions". Trialogue confirme cette constatation.
Face aux injonctions du "groupe polonais", les points de vue formulés notamment par MM. Barre, Bruno Kreisky, Von Weizsäcker témoignent d'une relative modération, cependant que M. Yoshiya Kato, directeur du bureau des affaires européennes et océaniques à Tokyo, ne cache pas sa préférence pour des accords fructueux avec les pays de l'Est (14).
Avocats d'une coopération Est-Ouest, MM. Von Weizsäcker et Kreisky se prononcent sans ambiguïté pour une sorte de retour à la détente. Le bourgmestre de Berlin-Ouest insiste en fait sur la priorité du "politique": ni armement ni désarmement ne sont en eux-mêmes une voie vers la paix. "Une coopération pacifique et active, c'est cela qui pave le chemin vers le désarmement." Et l'ex-chancelier Bruno Kreisky met en garde clairement contre le risque de la politique reaganienne un processus de libéralisation des régimes socialistes est certainement souhaitable mais n'est concevable que s'il commence en Union soviétique même. "Et, à son tour, ceci n'est possible que si l'URSS n'est pas menacée militairement car, face à une menace militaire, ce sont les généraux (soviétiques) qui auront le dernier mot."
Quant à penser, dit M. Kreisky, que Moscou aurait intérêt à tenter une expansion en Europe occidentale, cela est fort déraisonnable. C'est pourquoi il avait écrit à M. Ronald Reagan pour demander que le déploiement des Pershing soit différé.
M. Raymond Barre, en un tel forum, a fait entendre, avec quelque pondération, la voix de la France. "Européens et Américains doivent appuyer le déploiement des missiles Pershing et Cruise (...) afin de lier solidement la puissance américaine à la sécurité européenne, et de réduire les tendances neutralistes dans la mesure où elles résultent d'un manque de confiance", dit l'ancien premier ministre. En accord avec M. George Kennan - dont on connaît les positions antireaganiennes, - il condamne d'éventuelles mesures de restriction économique envers l'URSS, constate le caractère inévitable de certaines divergences entre l'Europe et les Etats-Unis, et ajoute: "Containment, contrôle des armements, détente, tels devraient être les trois éléments d'une stratégie globale à long terme pour les relations Est-Ouest." Bref ni déstabilisation systématique, ni croisade...
Les "décideurs" qui se réunissent périodiquement ne sont ni des fanatiques ni des adeptes de la déraison. D'aucuns font preuve de mesure et de réalisme. Pourtant, leur rêve commun demeure d'utiliser la perspective d'un conflit apocalyptique sans en préconiser le déclenchement; d'entretenir une alternance de détente et de guerre froide profitable aux intérêts des transnationales, mais fort préjudiciable pour les économies socialistes, voire ouest-européennes (et tiers-mondistes...)
Un tel jeu, en 1984, semble avoir atteint son point limite. Ces contrôleurs de la sécurité planétaire, théoriciens dangereux d'une défense "globale" des intérêts dits "occidentaux", ne peuvent plus guère maîtriser une situation dont les données sont, au regard du sens commun, du domaine de l'absurde et de la contradiction permanente. David Watt, dans son article de Foreign Affairs, n'a point tort: M. Ronald Reagan persiste à vouloir atteindre des objectifs peu compatibles. Aspirer à détruire à tout jamais l'"empire du mal" sur la Terre - mettre fin en somme à toute forme de socialisme, - proclamer l'urgence d'une sainte croisade, mais en même temps vouloir se faire réélire comme promoteur d'une paix véritable, cela témoigne d'une fâcheuse absence de réalisme. On ne peut à la fois annoncer au monde socialiste qu'il ne peut désormais être toléré, et lui demander de renoncer à d'importants instruments de défense. D'autant que, face aux exposés souvent nuancés de la Trilatérale, les bellicistes américains du Comité pour le danger présent et de la Majorité morale sont toujours à l'oeuvre.
Le vrai problème doit être formulé sans équivoque: continuera-t-on, dans les relations Est-Ouest, à parler de "mesures de confiance" tout en notifiant à l'Est qu'il lui faut renoncer à son système socio-politique et se soumettre aux injonctions catégoriques de l'Ouest?
Note(s) :
(1) Il ne semble pas que ce rapport ait été déjà diffusé. (2) M. Henry D. Owen, ex-ambassadeur extraordinaire, spécialiste des problèmes Est-Ouest à la Trilatérale. M. Saburo Okita: nommé en 1979 ministre des affaires étrangères du Japon, membre de la Trilatérale dès 1973. Les signataires du rapport s'expriment à titre individuel. (3) Voir Claude Julien, "Les sociétés libérales victimes d'elles-mêmes", le Monde diplomatique, mars 1976. (4) Trialogue (The Trilateral Commission's Quarterly of North American-European-Japanese Affairs), n° 33. (5) M. Gerard C. Smith, membre dirigeant de la Trilatérale dès sa fondation, ancien directeur de l'Agence américaine pour le désarmement et le contrôle des armements sous la présidence de M. Nixon, a été chef de la délégation des Etats-Unis lors des négociations SALT-I; M. Paolo Vittorelli, président de l'institut italien d'études et de recherches stratégiques, préside également le comité "défense nationale" du Parti socialiste italien; membre de la Trilatérale depuis 1977; M. Kiichi Saeki (Japon), président de l'Institut de recherche Nomura, membre du comité exécutif de la Trilatérale; M. Christopher J. Makins, vice-président adjoint d'un Institut de recherches sur la sécurité nationale à Washington, a été de 1964 à 1975 au service de la diplomatie britannique. Né aux Etats-Unis, il est néanmoins rangé parmi les membres anglais de la Commission trilatérale, dont il fut directeur adjoint en 1975-1976. (6) M. Jacques Andréani, directeur des affaires politiques au Quai d'Orsay (non membre de la Trilatérale); M. Georges Berthoin, président de la branche européenne de la Commission trilatérale, est membre du club de Bilderberg; M. Jean-François Bureau, membre du secrétariat international du Parti socialiste (non membre de la Trilatérale); M. Pierre Hassner, professeur à la Fondation nationale des sciences politiques (non membre de la Trilatérale); M. François Heisbourg, conseiller auprès du ministre de la défense (non membre de la Trilatérale); M. Thierry de Montbrial, directeur de l'IFRI, membre de la Trilatérale depuis 1978,. membre du comité directeur du club de Bilderberg; M. François de Rose, ambassadeur, ancien représentant permanent de la France au Conseil de l'Atlantique Nord, directeur de la Société Nouvelle Pashé-Cinéma, membre de la Trilatérale depuis 1977; M. P. I. de Saint Germain dirige la section politique au ministère de la défense nationale (non membre de la Trilatérale); M. Jacques Soppelsa est à la tête du département "défense nationale" au secrétariat international du PS (non membre de la Trilatérale); M. Michel Tatu, journaliste au Monde (non membre de la Trilatérale); M. Jean de Ribes. ministère de la défense nationale (non membre de la Trilatérale); Mme Isabelle Renouard est à la tète de la section "Armes stratégiques et désarmement" au ministère des relations extérieures (non membre de la Trilatérale). (7) Cf. l'ouvrage essentiel Trilateralism, The Trilateral Commission and Elite Planning for World Management, Holly Sklar, South End Press, Boston, 1980. (8) Trialogue, n° 33. (9) In Foreign Affairs. hiver 1983: "America and the World", A Vienne, le 21 septembre 1983, le vice-président Bush avait déclaré "Les Etats-Unis se laissent guider par certaines constantes: premièrement nous ne reconnaissons pas la légitimité d'une division de l'Europe... Dans nos relations avec les pays de l'Est, nous tenons compte de ces divergences (en matière de politique intérieure et extérieure, par rapport à Moscou). Nous avons adopté à leur égard une politique de différenciation." (10) In Trilateral Security, A report to the Trilateral Commission, n° 26, p. 95. (11) Trialogue, n° 34. (12) Voir l'article de Marie-France Toinet dans le Monde diplomatique, juillet 1983. (13) Cité (ou plutôt paraphrasé) par M. Brzezinski, Trialogue, n° 34. (14) Trialogue, n° 34, Signalons que le n° 35, le plus récent, a pour thème central: "Souveraineté et intervention": D'autre part, on trouvera dans l'International Herald Tribune du 16 avril 1983 un ensemble de textes sur la Commission trilatérale, avec la collaboration, entre autres, de René Foch, Z. Brzezinski, Michel Crozier et Gérard C. Smith, L'importance du Japon est constamment mise en évidence. On rappellera donc à ce propos que Dunlop-France a été racheté il y a quelques semaines par le puissant trust japonais Sumitomo, représenté à la Commission trilatérale par au moins cinq de ses dirigeants...
Lieu(x) géographique(s) - Le Monde diplomatique : EUROPE COMMUNAUTAIRE
Nom(s) propre(s) : COMMISSION TRILATÉRALE; OTAN
Type(s) d'article : ARTICLE
Taille : Long, 2696 mots
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Doc. : news·19840601·MD·16A